Vives inquiétudes sur le CRPE

vendredi 13 mai 2022
par  Webmestre
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Les premiers résultats d’admissibilité commencent à être publiés et ils font craindre le pire. Postes au concours non pourvus, listes complémentaires insuffisantes voire inexistantes... Dans un communiqué de presse, le SNUipp-FSU alerte sur le manque d’attractivité du métier et la crise du recrutement qui est devenue systémique.

LE COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Bilan des années Blanquer : le métier n’attire plus

Le taux de présents et présentes aux premières épreuves sera l’un des plus bas de l’histoire du concours de recrutement des professeurs des écoles.

L’opacité entretenue par le ministère sur ce concours se lève petit à petit avec les résultats d’admissibilité désormais connus dans plusieurs académies. Le nombre de candidats et candidates inscrites depuis novembre n’a lui toujours pas été communiqué officiellement. Quant à la répartition académique des 9888 places offertes au concours, elle n’a été publiée que le 1er avril, quatre jours avant le début des épreuves... C’est bien un mépris affiché pour les futures enseignantes et enseignants du premier degré alors que la répartition des postes offerts aux CAPES est connue, elle, depuis novembre.

Des choix discutables ont par ailleurs guidé cette répartition. Douze académies voient le nombre de postes augmenter alors qu’elles avaient subi une baisse en 2021. A l’inverse, Aix-Marseille et Rouen voient leurs postes baisser après avoir été augmentés en 2021. Cette politique de « yoyo » opaque est délétère en matière d’attractivité. Sans compter qu’avec le recul d’un an de la place du concours, le vivier de personnes candidates est nettement inférieur aux années précédentes.

Les premiers chiffres font craindre le pire : des académies qui chaque année pourvoient tous les postes offerts pourraient effectivement ne pas faire le plein. La chute importante du nombre de présent.es fait baisser fortement le taux d’admissibilité. Ainsi, à Montpellier, le nombre d’admissibles par poste offert au concours externe n’est que de 1,53. A Grenoble, il est de 1,22 et pour l’académie de Dijon, ce chiffre tombe à 1,15.

Postes au concours non pourvus, listes complémentaires insuffisantes voire inexistantes... la volonté est bien de favoriser le recours aux contractuels et pourtant les rectorats peinent à en recruter. Au final, combien de classes se retrouveront sans professeur·e à la rentrée ?

Depuis plusieurs années, le SNUipp-FSU alerte sur le manque d’attractivité du métier et la crise du recrutement qui est devenue systémique. Il est urgent de mettre en œuvre une politique volontariste permettant d’enrayer cette crise du recrutement.

Pour le SNUipp-FSU, cela doit passer par un plan pluriannuel de recrutements, des pré-recrutements dès la première année de licence, un concours en fin de troisième année de licence suivi de deux années de formation pleine et entière reconnue par un master et une formation continuée après la titularisation. Une revalorisation conséquente des salaires et une amélioration des conditions de travail sont également nécessaires à la fois pour attirer des candidat·es et pour enrayer la hausse des démissions.

Il s’agit là d’un enjeu essentiel pour l’avenir de l’école publique. Le futur gouvernement va devoir y répondre rapidement car il y a urgence.

Paris, le 9 mai 2022

 

 

Courrier intersyndical des organisations de l’Education nationale de l’Enseignement agricole public adressé à la Première Ministre

Madame la Première Ministre,

Vous prenez vos fonctions dans un contexte où plus que jamais nous avons besoin d’un service public de l’Education renforcé. Or l’Ecole publique et laïque a subi de profonds bouleversements ces dernières années. La multiplication des réformes imposées à marche forcée et le manque chronique de moyens ont dégradé les conditions de travail des personnels et des élèves. Une politique salariale inadaptée aux défis des rémunérations des personnels a conduit à un recul du niveau de vie des personnels. Les personnels aux plus faibles rémunérations en particulier les AESH, les AED, la plupart des contractuels se trouvent dans une précarité inacceptable. Le déficit d’attractivité des métiers de l’Education nationale et de l’Enseignement agricole public s’amplifie année après année.

La situation pour la prochaine rentrée est inquiétante. Avec la chute importante du nombre de présents aux concours de recrutement : des personnels vont manquer pour la rentrée 2022. Ceci alors que celles et ceux en postes dans les écoles, les établissements et les services sont épuisés par les réformes à marche forcée du dernier quinquennat et inquiets des projets annoncés.

Dans ce contexte, nos organisations FSU, UNSA Education, FNEC FP-FO, SGEN-CFDT, CGT Educ’action, SNALC, Sud Education, SNCL-FAEN, FO-EA, CGT Agri, SUD Rural Territoires et FCPE, considèrent que des mesures doivent être prises de toute urgence.

Il est nécessaire de mobiliser des moyens notamment en pérennisant partout où elles existent les listes complémentaires en y recourant en première intention. Il faut également dès maintenant renouveler les contractuels mobilisés pour assurer les remplacements cette année.

Dans l’immédiat, nous demandons un moratoire sur les suppressions de postes présentées dans les comités techniques malgré l’avis défavorable des organisations syndicales. Les dotations doivent être abondées pour tous les personnels.

Il est essentiel également de redonner de la force à l’Ecole publique, trop de fermetures d’écoles sont constatées sur l’ensemble des territoires.

Au titre des priorités à engager dès le début du quinquennat, nous vous confirmons notre exigence d’une revalorisation ambitieuse des salaires pour tous les personnels non seulement pour compenser la perte de pouvoir d’achat depuis plusieurs années mais pour redonner de l’attractivité aux métiers des services publics d’Education, sans conditionnement à des tâches supplémentaires, dans le respect des statuts et du droit à un déroulement de carrière. Dans un contexte d’inflation importante, le point d’indice doit être revalorisé dans les plus brefs délais, afin de rattraper les pertes subies depuis des années.

Enfin, le projet de réforme des retraites annoncé est inacceptable et nous vous confirmons notre hostilité à tout nouveau recul de l’âge légal pour pouvoir partir en retraite.

Soyez assurée, Madame la Première Ministre, que nous sommes déterminés dans la défense de l’Ecole publique, de ses personnels et des élèves. Nous serons particulièrement attentifs à la prise en compte de la voix des personnels et des parents d’élèves dans les premières décisions du gouvernement au regard de l’urgence de la situation.

Veuillez agréer, Madame la Première Ministre, l’expression de nos salutations respectueuses.