Conclusions inacceptables du Grenelle : vers la fin du service public d’Éducation

vendredi 5 février 2021
par  Webmestre
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Mi-décembre, la FSU avait quitté le pseudo Grenelle de Blanquer en dénonçant la parodie de concertation du Ministre de l’éducation nationale qui utilisait le Grenelle pour installer sa propre vision de l’école.

La participation de la FSU aux ateliers de Grenelle se soldait par le constat de l’impossibilité de faire avancer des propositions du fait même du dispositif choisi : il n’était pas question d’une concertation, mais bien d’une opération de communication sur des visions déjà arrêtées et peu ouvertes au dialogue. La parole des personnels au travers de celle de leurs représentants syndicaux est peu écoutée, submergée par celles « d’experts » soigneusement choisis par le ministère, dont certains n’ont pour seule expérience de l’école que de l’avoir fréquentée durant leur jeunesse, assurés pourtant de détenir les solutions malgré leur méconnaissance évidente du système scolaire et de ses réalités.

La FSU ne s’attendait donc certes pas à une quelconque amélioration, mais ce qui ressort des premières conclusions du Grenelle est très inquiétant :

- Fin de l’avancement à l’ancienneté, mise en avant du « mérite » : l’ensemble des augmentations de salaires seraient donc obtenues via l’avancement au "mérite". La revalorisation salariale serait liée à un devoir d’astreinte au remplacement mais aussi des formations suivies hors temps scolaire ou à une implication dans "des projets innovants".

- Retour de la directrice ou du directeur véritable chef d’établissement qui aurait "un véritable statut leur conférant autorité décisionnelle et fonctionnelle" leur conférant ainsi "la possibilité de valoriser les adjoint·es par une évaluation positive". Ainsi les PE seraient évalué·es comme les professeur·ses du 2nd degré ; par le ou la directeur·trice et les IEN. Ceci en sachant que la profession a toujours rejeté massivement le changement de statut pour les collègues en charge de la direction. Malgré ceci, on peut lire dans les conclusions du grenelle que " la délégation aux chefs d’établissement de l’évaluation de leurs adjoints est un gage de meilleure connaissance des personnels et de l’action qu’ils conduisent."

- De nouvelles missions sont proposées pour des enseignant·es qui auraient été "identifié·es dès le début de carrière pour leur potentiel d’encadrement". D’ailleurs à la formation initiale pourrait être intégrée "une formation à la gestion des ressources humaines, en entreprise et en collectivité". "Il convient d’apprendre le plus tôt possible "l’alphabet du management" et de permettre aux enseignant·s de penser leurs qualités autrement qu’au travers du prisme des savoirs disciplinaire et pédagogique."

- Le bien être des enseignant·es est bien sûr pensé dans ce Grenelle. Ainsi, seraient passées "des conventions avec des mutuelles de santé afin qu’elles apportent leur aide en cas de besoin, notamment pour un suivi médical ou psychologique". Et enfin cerise sur le gâteau, pour redorer le blason de la profession rien de tel qu’une nouvelle série télévisée, un peu comme l’Instit... Ben voyons !!!

 

=> Avec ces conclusions, à peine téléguidées, le ministre Blanquer continue de dérouler sa politique néolibérale destructrice du service public d’éducation.

=> Il n’est pas possible pour la FSU, pour les enseignant·es et pour les élèves de laisser ainsi Blanquer détruire notre métier et d’annihiler l’essence même de ce que représente le service publique d’éducation. Nous devons lutter. L’éducation nationale n’est pas une entreprise.

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