« Journée de Retrait de l’école » :une offensive de l’extrême-droite contre l’école

lundi 27 janvier 2014
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Dans plusieurs départements des sont campagnes menées en direction des parents d’élèves, par tractage,sms ou courriels. Nous nous interrogeons d’ailleurs sur la manière dont les auteurs de ces campagnes se sont procuré les adresses ou numéros de téléphone.... L’objectif des messages est d’inciter les parents à ne pas mettre leurs enfants à l’école ce vendredi 24 ou lundi 27, afin de marquer leur refus de la « théorie du genre » !

La date n’est pas choisie au hasard, puisque de nombreuses organisations d’extrême-droite appellent à un « jour de colère » ce dimanche (avec manifestation à Paris). Ces offensives multiples sont alarmantes !

Nous vous proposons ci-après des réponses et des arguments, notamment à destination de parents peu ou mal informé-es qui pourraient se laisser convaincre par ces discours mensongers.

Le SNUipp-FSU est immédiatement intervenu auprès du Ministère afin que soit rappelée la place (déjà ancienne) de ces apprentissages dans les programmes, et que ces questions cessent de troubler l’indispensable sérénité dont ont besoin enseignants, élèves et parents au sein de l’école. Nous demandons au ministère que tout soit mis en œuvre pour que les services de l’Etat recherchent la manière dont les auteurs de ces campagnes ont pu se procurer les adresses ou les numéros de téléphone.

En réponse, le ministère a décidé de lancer une alerte auprès des Recteurs et des DASEN. Ils ont pour mission notamment, de transmettre aux écoles des outils d’informations à distribuer aux familles. De plus, il nous assure qu’il lance une enquête sur les adresses et numéros de téléphone.


Eléments de réponse

Une « théorie du genre ? »

Au risque de nous répéter, cette théorie n’existe pas ! Il existe des recherches sur le genre, qui est parfois défini comme un outil d’analyse, parfois comme un système de hiérarchisation entre les sexes (les deux définitions ne s’excluant pas forcément). Ceux qui s’élèvent contre le « genre » sont ceux qui en réalité en sont les gardiens du temple !

Quelques réponses pour les parents 

Si l’école travaille sur les stéréotypes filles-garçons, c’est pour qu’ils ne soient pas un carcan pour les enfants, et qu’ils ne limitent pas leur épanouissement personnel de filles ou de garçons. On ne met pas dans la tête des enfants qu’ils pourraient choisir leur sexe ! Leur identité ne sera pas brouillée, ils pourront au contraire mieux s’affirmer individuellement : on leur montre qu’être fille ou garçon ne doit pas forcément conditionner leurs choix de loisirs, de lectures, de sports, de métiers...

La « complémentarité des sexes » est un mythe, chaque fille, chaque garçon est un être unique, et il n’existe pas de particularités de goût, de caractère ou d’aptitude qui seraient partagées par toutes les filles ou par tous les garçons.

L’éducation à l’égalité et l’éducation à la sexualité existent depuis longtemps à l’école, il n’y a rien de nouveau (Cf. textes officiels en annexe). Il ne s’agit pas de parler de pratiques sexuelles, encore moins de faire des démonstrations ! C’est une éducation au respect entre les sexes, afin de prévenir et d’empêcher les violences sexistes et les abus sexuels, doublés de quelques notions de science sur la reproduction animale et humaine.

Quant à faire la promotion de l’homosexualité, cela ne tient pas : on ne choisit pas d’être homosexuel-le, ni hétérosexuel-le d’ailleurs. Donc parler de couples homosexuels, c’est parler d’amour, d’affection (et non de pratiques, là encore), et cela n’aura pas de conséquences sur l’orientation sexuelle des enfants. En revanche, cela peut éviter des suicides pour celles et ceux qui se découvriront homosexuel-les à l’adolescence.

 


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